Symptômes · · 7 min de lecture
Diverticulite : symptômes, causes et quand consulter
La diverticulite est l'infection ou l'inflammation d'un ou de plusieurs diverticules, de petites poches de la paroi du côlon. Elle se manifeste le plus souvent par une douleur intense et inhabituelle en bas à gauche du ventre, avec de la fièvre. Les diverticules eux-mêmes sont fréquents avec l'âge et restent le plus souvent silencieux : seule une minorité de personnes qui en ont fera un jour une diverticulite.

En bref
- La diverticulite est l'inflammation de diverticules du côlon. Le signe typique est une douleur vive et inhabituelle dans la fosse iliaque gauche, en bas à gauche du ventre, avec de la fièvre, parfois peu élevée.
- La diverticulose, c'est-à-dire la simple présence de ces poches, ne provoque aucun symptôme. Seule une minorité des personnes qui en ont fera des diverticulites.
- Une crise simple se traite souvent à domicile, avec des antalgiques. Les antibiotiques ne sont nécessaires que si ce traitement ne suffit pas, alors que les formes compliquées demandent des antibiotiques en perfusion et parfois une opération.
- Appelez le 15 ou le 112 en cas de douleur abdominale très intense ou généralisée, de ventre dur, de vomissements avec arrêt du transit ou de saignement rouge abondant.
- Aucun régime n'a prouvé qu'il évitait les récidives, mais les noix, le blé, le maïs et les aliments à petits pépins ne sont pas à bannir.
Ce qu'est la diverticulite et à quel point elle est fréquente
Un diverticule est une petite hernie de la muqueuse à travers la paroi du côlon, le plus souvent dans sa partie gauche, le côlon sigmoïde. On parle de diverticulose quand ces poches sont présentes sans qu'elles posent problème. Elles sont découvertes la plupart du temps par hasard, lors d'une coloscopie faite pour une autre raison.
La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) indique que la diverticulose touche environ la moitié des personnes de plus de 70 ans en Europe. Elle est beaucoup plus rare dans les populations africaines et orientales. Environ une personne sur trois qui a eu une première diverticulite en fait une nouvelle dans les dix ans.
La diverticulite est donc une complication, et non l'évolution obligatoire de la diverticulose. Les autres complications sont l'abcès, la péritonite, la fistule, le rétrécissement du côlon (sténose) et le saignement.
Symptômes : ce qui est typique et ce qui l'est moins
- Douleur brutale, vive et inhabituelle dans le bas-ventre à gauche.
- Fièvre, pas forcément élevée.
- Troubles du transit : constipation ou diarrhée.
- Nausées ou vomissements, perte d'appétit.
- Signes urinaires (brûlures, envies fréquentes d'uriner), parfois gaz ou matières dans les urines : ils peuvent évoquer un abcès au contact de la vessie.
La douleur peut aussi débuter plus doucement et s'aggraver sur plusieurs jours. À l'inverse, des ballonnements ou des crampes du bas-ventre qui durent depuis longtemps ne suffisent pas à parler de diverticulite : le syndrome de l'intestin irritable donne les mêmes plaintes.
Causes et facteurs de risque
Les causes exactes ne sont pas connues. Une fragilité de la paroi du côlon pourrait jouer un rôle. La SNFGE précise qu'aucun facteur héréditaire n'a été identifié, alors que l'institut américain NIDDK cite des gènes de prédisposition parmi les pistes étudiées.
- L'âge.
- Certains médicaments : corticoïdes, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, dont l'aspirine) et chimiothérapie augmentent le risque de complications infectieuses ; les AINS sont souvent en cause dans les saignements.
- L'obésité et la sédentarité.
- Le tabagisme.
- Une alimentation pauvre en fibres et riche en viande rouge, selon le NIDDK.
Que faire en cas de douleur évocatrice
- Appelez votre médecin traitant.Une douleur en bas à gauche avec de la fièvre justifie un avis le jour même, surtout si c'est la première fois. Si vous ne joignez personne, utilisez un service de garde ou le 15.
- Ne vous traitez pas seul.Évitez de prendre des anti-inflammatoires de votre propre initiative : ils augmentent le risque de complications et de saignement.
- Suivez le régime conseillé.Pendant la crise, la SNFGE conseille un régime pauvre en résidus, c'est-à-dire sans fibres.
- Prenez les médicaments prescrits.Si l'on vous prescrit des antibiotiques, respectez la durée indiquée et ne modifiez pas le traitement sans avis médical.
- Surveillez l'évolution.Une douleur qui s'aggrave, une fièvre qui monte, des vomissements ou du sang dans les selles imposent un nouvel avis ou les urgences.
Quand consulter
- Douleur nouvelle ou persistante en bas du ventre, surtout du côté gauche, avec de la fièvre.
- Troubles du transit inhabituels, constipation marquée ou signe d'occlusion.
- Sang rouge dans les selles.
- Brûlures urinaires ou présence de gaz dans les urines.
- Récidives de douleurs du bas-ventre.
Signaux d'alarme, appelez le 15 ou le 112 sans attendre : douleur abdominale intense, d'apparition brutale ou étendue à tout le ventre ; ventre dur comme du bois ; fièvre élevée ou frissons avec vomissements et arrêt des selles et des gaz ; saignement rouge abondant par l'anus ; malaise ou confusion. La perforation d'un diverticule enflammé du côlon sigmoïde est l'une des causes les plus fréquentes de péritonite, et le saignement abondant est une urgence absolue.
Comment le médecin confirme le diagnostic
Le médecin interroge, examine le ventre et prescrit en général une prise de sang (numération, CRP, créatinine) pour confirmer l'inflammation. Quand on soupçonne une diverticulite, l'examen de référence est le scanner de l'abdomen et du bassin, qui montre l'inflammation et recherche les complications.
La coloscopie n'est pas faite pendant la crise. Elle peut être utile plus tard, surtout en cas d'antécédents familiaux de polypes ou de cancer colorectal. Le médecin interprète vos résultats : une valeur isolée ne suffit pas à conclure.
Le traitement, en termes généraux
- Forme simple : antalgiques et, si besoin, laxatifs. Selon la SNFGE, les résultats sont dans la plupart des cas les mêmes avec ou sans antibiotiques, qui ne sont prescrits que si le traitement symptomatique échoue.
- Forme compliquée : antibiotiques par voie intraveineuse à l'hôpital.
- Abcès : drainage ou opération parfois différée après les antibiotiques.
- Péritonite, fistule ou sténose : le plus souvent une chirurgie qui retire la portion malade du côlon.
- Opération préventive : discutée, elle peut être envisagée après une forme compliquée ou en cas de crises répétées qui altèrent nettement la qualité de vie. Elle n'a pas sa place chez les personnes sans symptômes.
Tous ces choix relèvent de votre médecin ou de l'équipe chirurgicale.
Alimentation et prévention : ce qui est établi
Les avis diffèrent un peu selon les pays. Le NIDDK américain indique qu'une alimentation riche en fibres et pauvre en viande rouge, de l'activité physique, l'arrêt du tabac et un poids de forme peuvent réduire le risque. La SNFGE rappelle de son côté qu'aucun régime n'a été démontré efficace pour limiter les récidives, que les fibres n'ont pas prouvé qu'elles évitaient les diverticules et qu'aucun traitement, probiotiques et antibiotiques compris, ne les prévient.
Les noix, le blé et le maïs ne sont pas déconseillés, et les aliments à petits pépins comme les tomates ou les kiwis se mangent sans les retirer. Parlez avec votre médecin de vos médicaments : certains, comme les AINS, majorent le risque.
Questions fréquentes
Diverticulose et diverticulite, quelle différence ?
La première est la présence des poches, sans symptôme. La seconde est leur infection, avec douleur et fièvre. On peut vivre toute sa vie avec des diverticules sans jamais faire de crise.
Dois-je éviter les noix, les graines et le maïs ?
Non, la SNFGE ne les déconseille pas, et le NIDDK ne les juge pas nuisibles non plus pour les personnes qui ont des diverticules.
Une diverticulite peut-elle revenir ?
Oui. Environ un tiers des personnes concernées font une récidive dans les dix ans suivant une première crise. Une opération n'est envisagée que dans des situations précises.
Faut-il toujours des antibiotiques ?
Pas systématiquement. Le NIDDK note que tous les patients n'en ont pas besoin, et le médecin décide au cas par cas selon la gravité de la crise et vos risques.
La diverticulite peut-elle cacher un cancer ?
Non, mais la coloscopie peut être utile, notamment s'il existe des polypes ou un cancer colorectal dans votre famille. Votre médecin évalue si elle vous convient.
Sources
- SNFGE — Diverticulose colique (fiche grand public)
- SNFGE — Péritonite
- SNFGE — Hémorragie digestive
- NIDDK (États-Unis) — Symptoms & Causes of Diverticular Disease
- NIDDK (États-Unis) — Treatment of Diverticular Disease
Sources vérifiées le 28 octobre 2026.