Maladie de Crohn : symptômes, causes et traitements

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, qui évolue par poussées. Elle se manifeste surtout par une diarrhée prolongée, des douleurs du ventre et un amaigrissement, avec souvent une grande fatigue. On ne sait pas la guérir définitivement, mais les traitements permettent de contrôler l'inflammation et d'espacer les poussées : mieux vaut consulter sans attendre.

Couverture : « Maladie de Crohn » sur une teinte douce

En bref

  • La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (MICI). Elle peut toucher tout le tube digestif, de la bouche à l'anus.
  • Les signes les plus fréquents sont une diarrhée prolongée, parfois sanglante, des douleurs abdominales et un amaigrissement. La fatigue, la fièvre et la perte d'appétit sont courantes.
  • La cause n'est pas connue : la génétique, le système immunitaire, le microbiote et l'environnement interviennent. Le tabac aggrave nettement la maladie.
  • Le diagnostic repose sur une prise de sang, une endoscopie avec biopsies et une imagerie, et jamais sur un seul examen.
  • Aucun traitement ne supprime la maladie, mais plusieurs familles de médicaments, parfois la chirurgie, la contrôlent. N'arrêtez pas un traitement prescrit sans l'avis de votre médecin.

Ce qu'est la maladie de Crohn et qui elle touche

La maladie de Crohn est une inflammation chronique de la paroi du tube digestif due à une réaction anormale du système immunitaire. Elle atteint le plus souvent la fin de l'intestin grêle et le début du côlon, mais n'importe quel segment peut être touché.

Selon la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE), elle touche environ une personne sur 1 000 en France, avec 5 à 10 nouveaux cas pour 100 000 habitants par an, et plus de 120 000 personnes sont concernées. Elle débute le plus souvent entre 20 et 30 ans, mais peut apparaître à tout âge.

Symptômes

  • Diarrhée qui dure, parfois avec du sang ou des glaires.
  • Douleurs abdominales.
  • Amaigrissement, fièvre, fatigue et perte d'appétit.
  • Anémie.
  • Écoulement ou douleurs autour de l'anus (fissure, abcès, fistule).
  • Douleurs articulaires, nodules rouges et douloureux sous la peau, rougeur ou douleur des yeux.
  • Chez l'enfant, retard de croissance.

Les signes dépendent de l'endroit et de l'intensité de l'inflammation. Ils sont souvent peu spécifiques, ce qui retarde parfois le diagnostic. La maladie évolue par poussées, entrecoupées de périodes de rémission où l'on se sent bien.

Causes et facteurs de risque

L'origine exacte est inconnue. L'institut américain NIDDK évoque une réaction anormale du système immunitaire contre les bactéries de l'intestin, des facteurs de l'environnement, les gènes et des différences du microbiote. Avoir un parent ou un frère ou une sœur atteint augmente le risque.

  • Le tabac. D'après le NIDDK, il peut doubler le risque de développer la maladie. La SNFGE le relie à des formes plus sévères, plus difficiles à traiter, à des poussées plus fréquentes et à un recours accru à la chirurgie.
  • Les antécédents familiaux.
  • Une gastro-entérite récente ou une ablation de l'appendice dans les dernières années, citées par le NHS britannique.

Selon la SNFGE, aucune étude n'a confirmé que le stress ou un régime d'exclusion déclenchent la maladie ou une poussée.

Ce que vous pouvez faire en attendant la consultation

  1. Prenez rendez-vous.Si une diarrhée dure plus de quelques semaines, ou s'accompagne de douleurs et d'amaigrissement, voyez votre médecin traitant. Notez depuis quand, la fréquence des selles et votre poids.
  2. Arrêtez de fumer.C'est la mesure la plus utile à votre portée : la SNFGE juge l'arrêt du tabac essentiel au succès du traitement. Votre médecin peut vous aider.
  3. Évitez les anti-inflammatoires.Les AINS comme l'ibuprofène peuvent aggraver les symptômes. Demandez conseil avant de prendre un médicament ou un complément.
  4. Mangez de façon variée.N'éliminez pas des aliments de votre propre chef : les carences en fer et en vitamine D et la dénutrition sont les principaux risques nutritionnels selon la SNFGE.
  5. Suivez votre traitement.Une fois le diagnostic posé, continuez les médicaments prescrits, même quand vous allez mieux, tant que votre gastro-entérologue ne les a pas modifiés.

Quand consulter

  • Diarrhée prolongée, douleurs du ventre ou amaigrissement sans explication.
  • Sang ou glaires dans les selles.
  • Fièvre persistante avec douleurs abdominales.
  • Douleur, écoulement ou abcès près de l'anus.
  • Maladie de Crohn connue dont les symptômes s'aggravent ou dont le traitement ne suffit plus.
  • Enfant qui grandit mal.

Signaux d'alarme, appelez le 15 ou le 112 sans attendre : douleur abdominale très intense, ventre gonflé et dur avec vomissements et arrêt des selles (signes possibles d'occlusion), diarrhée sanglante abondante, malaise ou confusion. La maladie peut se compliquer d'abcès, de perforation ou de péritonite ; une perte de poids importante, de la fièvre ou une douleur sévère demandent une évaluation rapide, souvent par un scanner.

Comment le diagnostic est posé

  • Prise de sang, qui peut montrer une inflammation ou une anémie.
  • Analyse des selles, pour chercher l'inflammation et écarter certaines infections.
  • Endoscopie (coloscopie et fibroscopie) avec biopsies. Dans environ un tiers des cas, les biopsies montrent des granulomes.
  • Scanner, échographie ou IRM, pour examiner l'intestin grêle et les complications.
  • IRM de la région de l'anus pour explorer une fistule ou un abcès.

Aucun test unique ne suffit, ce qui explique que le diagnostic prenne parfois du temps. Vos résultats sont à interpréter par le médecin.

Les traitements, en termes généraux

L'objectif est de cicatriser la muqueuse de l'intestin, de réduire le nombre de poussées et de prévenir les complications. Les familles de médicaments utilisées sont les corticoïdes sur de courtes périodes, les immunosuppresseurs et les biothérapies. Tous se prennent uniquement sur prescription médicale.

La chirurgie retire un segment malade quand les médicaments ne suffisent plus ou en cas de complication. La SNFGE indique qu'elle concerne 50 à 70 % des patients dans les dix ans, et que la maladie peut réapparaître après l'opération. Le choix du traitement relève toujours de votre gastro-entérologue.

Alimentation et maladie de Crohn

Les chercheurs n'ont pas montré que des aliments précis provoquent ou aggravent la maladie. Le but est de rester bien nourri : l'inflammation de l'intestin grêle peut limiter l'absorption des nutriments, et certains médicaments ou opérations aussi. Votre médecin peut proposer un journal alimentaire pour repérer les aliments qui vous gênent, ou des compléments en cas de carence.

Questions fréquentes

Un enfant peut-il avoir la maladie de Crohn ?

Oui, elle peut débuter à tout âge. La fatigue et la perte d'appétit risquent alors de freiner la croissance, et le NHS ajoute un retard de puberté. Un enfant qui grandit mal doit voir un médecin.

Faut-il prendre des probiotiques ou des oméga-3 ?

La SNFGE ne les recommande pas. Avant tout complément ou vitamine, demandez l'avis de votre médecin, comme le conseille le NIDDK.

La maladie de Crohn se guérit-elle ?

Pas à ce jour. Le but est la rémission durable, c'est-à-dire l'absence de symptômes grâce au traitement.

Le tabac a-t-il vraiment un effet ?

Oui. En plus de multiplier par deux le risque de la maladie, d'après le NIDDK, il est associé à une évolution plus sévère. Arrêter est donc un vrai levier.

Aurai-je forcément une opération ?

Non, mais elle est fréquente. Elle est envisagée en cas de complications ou quand les médicaments n'agissent plus, et la décision se prend avec l'équipe soignante.

Sources

  1. SNFGE — Maladie de Crohn (fiche grand public)
  2. NIDDK (États-Unis) — Definition & Facts for Crohn's Disease
  3. NIDDK (États-Unis) — Symptoms & Causes of Crohn's Disease
  4. NIDDK (États-Unis) — Eating, Diet & Nutrition for Crohn's Disease
  5. NHS (Royaume-Uni) — Crohn's disease

Sources vérifiées le 28 octobre 2026.